Coopération énergétique

L’Allemagne veut renforcer ses approvisionnements en gaz algérien

3.09.2026, 13:55

La crise autour du détroit d’Ormuz accroît l’importance stratégique de l’Afrique du Nord pour l’approvisionnement énergétique de l’Europe.

L'Allemagne, dont les réserves de gaz sont actuellement inférieures à la moyenne européenne, souhaite conclure des contrats d'approvisionnement à long terme avec l'Algérie, premier producteur de gaz naturel en Afrique. La coopération énergétique avec le pays nord-africain était au cœur de la visite effectuée par le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, le 1er septembre à Alger, où il s’est entretenu avec le président Abdelmadjid Tebboune et des ministres algériens.

« La diversification est absolument une nécessité à l'heure actuelle », a-t-il déclaré à la presse, décrivant l'Algérie comme un partenaire « fiable » qui fournit déjà l'Italie et l'Espagne en gaz naturel. Selon M. Wadephul, le gaz algérien pourrait à terme contribuer à remplir les réserves allemandes. La possibilité de conclure des contrats à long terme a été discutée lors de la visite.

Premier producteur de gaz naturel d'Afrique, l'Algérie, qui est aussi le plus vaste pays du continent par sa superficie, exporte déjà vers l'Union européenne via les gazoducs sous-marins TransMed, qui alimente l'Italie, et Medgaz, qui alimente l'Espagne.

Un potentiel important pour l'hydrogène vert

L'importance énergétique du pays pourrait encore croître grâce à son potentiel de production d'hydrogène vert, selon le chef de la diplomatie allemande. Berlin et Alger avaient adopté en juillet un « agenda stratégique pour le partenariat bilatéral » portant sur l'énergie, la sécurité, les migrations et la coopération économique, à l'occasion d'une visite de M. Tebboune en Allemagne.

Ce texte réaffirme le soutien des deux pays au projet SoutH2 Corridor, une infrastructure d'environ 3 300 km destinée à acheminer vers l'Allemagne de l'hydrogène vert produit en Algérie, via la Tunisie, l'Italie et l'Autriche. Le projet, soutenu par l'UE dans le cadre de l'initiative Global Gateway, prévoit la reconversion partielle des réseaux gaziers existants.

Pour l'industrie allemande, le transport par pipeline offrirait un avantage économique par rapport à l'importation maritime d'hydrogène liquide, en raison de la proximité géographique entre l'Afrique du Nord et l'Europe. L'Allemagne a également exprimé son intérêt pour des livraisons additionnelles de gaz naturel algérien à court terme. « De nouvelles livraisons de gaz sont dans l'intérêt des deux parties », indique la déclaration conjointe des deux pays.

Le groupe public Sonatrach a livré sa première cargaison de gaz naturel liquéfié à l'Allemagne début juillet. Le groupe allemand VNG avait, pour sa part, signé en juin un mémorandum d'entente avec Sonatrach sur des projets liés à l'hydrogène vert.

La diversification énergétique allemande, un impératif stratégique

Berlin poursuit la diversification de ses approvisionnements énergétiques après avoir mis fin à ses importations de gaz russe acheminé par gazoduc, à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Selon l'Institut allemand de développement et de durabilité (IDOS), la fermeture du détroit d'Ormuz, consécutive à la guerre américano-israélienne contre l'Iran, pourrait renforcer le poids stratégique de l'Afrique du Nord dans ses relations avec l'Europe, notamment dans le domaine énergétique.

Artère vitale par laquelle transite une part essentielle du pétrole et du gaz mondiaux, ce détroit reste l'épicentre d'une instabilité chronique qui met en évidence la vulnérabilité des approvisionnements énergétiques, des routes commerciales et des chaînes logistiques.