Droits humains
Nigeria : ouverture d’un laboratoire contre les violences sexuelles
28.05.2026, 09:40
Dans un contexte marqué par une recrudescence des violences sexuelles et sexistes (VSS), la police de l’État de Rivers, dans le sud du Nigeria, a inauguré à Port Harcourt un « Gender Lab », un laboratoire spécialisé destiné à améliorer les modalités d’enquête, de documentation et de poursuite de ces infractions.
Installé au sein du département d’enquête criminelle de l’État (SCID), ce centre a été mis en place avec l’appui de l’organisation allemande à but non lucratif Global Security Sector Reform Foundation (GS-Foundation), qui promeut des systèmes de sécurité efficaces, responsables et démocratiques dans des pays confrontés à l’instabilité ou aux conflits. Cette fondation, dont le travail s’inscrit dans la stratégie 2019 du gouvernement fédéral allemand pour la réforme du secteur de la sécurité, vise à renforcer la résilience et la stabilité durable dans les pays partenaires.
Une nouvelle approche des enquêtes
Le Gender Lab combine l’usage de technologies médico-légales modernes et de systèmes numériques de préservation des preuves, avec une approche centrée sur les victimes, incluant des espaces sécurisés de soutien psychosocial, de conseil et d’assistance juridique, a indiqué la GS-Foundation.
Le centre doit également servir de pôle de formation pour les forces de police, afin de renforcer les compétences en matière d’enquêtes sensibles au genre, tout en exploitant l’analyse de données pour mieux identifier les tendances et contribuer à la prévention des violences.
Dans un pays où les violences sexuelles et sexistes restent en hausse, sous l’effet des crises économiques, des déplacements de population et de l’insécurité persistante, l’enjeu est important. Selon les Nations unies, près d’une femme sur trois au Nigeria a déjà subi des violences physiques ou sexuelles.
Entre silence, peur et impunité
Malgré l’ampleur du phénomène, de nombreux cas ne sont pas signalés. En cause : l’absence d’infrastructures médico-légales adaptées, la difficulté à produire des preuves exploitables devant les tribunaux, ainsi que la stigmatisation, la peur des représailles et la défiance envers les institutions.
Dans l’État de Rivers, les organisations de la société civile appellent depuis plusieurs années à un renforcement des capacités institutionnelles afin de mieux protéger les victimes et d’améliorer la collecte de données, jugée essentielle à l’élaboration de politiques publiques efficaces.
Selon des organisations internationales, ces violences – qui englobent les violences conjugales, les viols, le harcèlement et le cyberharcèlement fondés sur le genre – sont particulièrement répandues en période d’instabilité ou de conflit et dans les contextes où l’accès à la justice reste limité.