Sensibilisation

Namibie : Berlin finance le projet « Speak up » contre les VBG

13.05.2026, 11:06

Les violences basées sur le genre demeurent l’un des défis les plus pressants en matière de droits humains en Namibie.

En Namibie, l’ONG « Ombetja Yehinga Organisation » (OYO), qui mobilise le pouvoir des arts — danse, théâtre, cinéma, bandes dessinées, entre autres — pour sensibiliser, éduquer et accompagner les jeunes face à de grandes problématiques sociales, mène, du 1er avril au 31 décembre 2026, une campagne de sensibilisation contre les violences basées sur le genre (VBG).

Financée par l’ambassade d’Allemagne, cette initiative, baptisée « Speak Up », cible trois régions particulièrement touchées par ce fléau : Hardap (sud), Erongo (ouest) et Omusati (nord).

La campagne vise à favoriser les échanges dans les écoles et les dialogues intergénérationnels au sein des communautés autour de la santé mentale et de la masculinité positive, afin de mieux prévenir les VBG dans ces régions « présentant un taux élevé d’incidence de VBG », a indiqué l’ambassade.

Au programme figurent des activités de sensibilisation en milieu scolaire, des dialogues communautaires intergénérationnels, un accompagnement individuel, ainsi que la diffusion d’une bande dessinée spécialement conçue.

Reconnaître, contester et prévenir les violences basées sur le genre

L’objectif est de doter les écoles et les communautés des outils nécessaires pour reconnaître, contester et, à terme, prévenir les violences basées sur le genre. Le projet entend aller au-delà de la seule sensibilisation en s’attaquant aux causes profondes des VBG, en promouvant une masculinité positive, en remettant en cause les pratiques culturelles néfastes et en encourageant les participants à devenir des acteurs du changement, a-t-on ajouté.

« Nous ne devons pas relâcher nos efforts dans la lutte contre la violence basée sur le genre, partout et chaque fois que nous le pouvons. Le respect des droits humains fondamentaux commence dans les familles, les salles de classe et les communautés », a déclaré l’ambassadeur d’Allemagne en Namibie, Thorsten Hutter.

« L’approche d’OYO, qui consiste à relever ce défi par la musique, la danse et le jeu, sensibilise particulièrement la jeune génération et se combine à un soutien psychologique et social professionnel pour ceux qui en ont besoin », a-t-il ajouté.

Les arts créatifs au service de la sensibilisation des jeunes

Depuis sa création en décembre 2002, OYO recourt aux arts créatifs — films, danse, bandes dessinées et supports pédagogiques — pour sensibiliser la jeunesse namibienne à des enjeux sociaux tels que le VIH/sida, l’abus de drogues, les grossesses précoces et les violences basées sur le genre.

Les violences basées sur le genre demeurent l’un des défis les plus pressants en matière de droits humains en Namibie. Bien que des lois telles que la loi sur la lutte contre le viol (Combating of Rape Act) et la loi sur la lutte contre la violence domestique (Combating of Domestic Violence Act) soient en vigueur, l’accès aux services de soutien reste difficile pour de nombreuses personnes, en particulier les jeunes vivant dans des zones reculées.

Le soutien apporté au projet « Speak Up » s’inscrit dans l’engagement mondial du gouvernement fédéral allemand en faveur des droits humains et de la prévention des violences basées sur le genre, a-t-on rappelé. Le programme des droits humains du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères soutient chaque année quelque 130 projets dans des pays émergents et en développement en Afrique, en Asie, en Amérique centrale et du Sud, ainsi qu’en Europe de l’Est.