Autonomisation des femmes

Libye : Jadu se dote d’un centre de formation dédié aux femmes

12.05.2026, 13:17

Ce centre cible en priorité les femmes vulnérables, notamment celles ayant perdu leur mari durant la guerre civile ou victimes de violences basées sur le genre.

En Libye, la municipalité de Jadu (nord-ouest) s’est dotée d’un Centre de développement et de formation des femmes (WDTC), mis en place dans le cadre d’un programme financé conjointement par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ) et l’Union européenne (UE).

Baptisé « La décentralisation comme contribution à la stabilisation en Libye / Appui aux municipalités » (SML), ce programme, actuellement dans sa troisième phase, est mis en œuvre par l’agence allemande de coopération internationale (GIZ), en collaboration avec le ministère libyen du Gouvernement local et un réseau de 30 municipalités partenaires. Selon la GIZ, le WDTC de Jadu est le deuxième centre de ce type dans la municipalité. Les deux infrastructures sont complémentaires et visent à renforcer les compétences des femmes ainsi que leur participation au développement local.

Des « espaces sûrs gérés par des femmes pour des femmes »

Présentés comme des « espaces sûrs gérés par des femmes pour des femmes », les WDTC, créés depuis 2017 dans plusieurs municipalités, ciblent en priorité les femmes vulnérables, notamment celles ayant perdu leur mari durant la guerre civile ou victimes de violences basées sur le genre. Ils leur offrent des formations professionnelles afin de développer des microprojets générateurs de revenus et renforcer leur autonomie économique.

Les activités sont complétées par des modules d’entrepreneuriat et un accompagnement à la création d’activités. Les centres proposent notamment des formations en couture et production textile, coiffure et cosmétique, cuisine, langues, ainsi que les bases de gestion de petites entreprises. Ils donnent également accès à des équipements utilisables après la formation pour lancer une activité.

Le dispositif repose sur un programme de formation professionnelle et entrepreneuriale adapté au contexte local, conçu par la GIZ et accrédité par le ministère libyen du Travail.

Plateformes de dialogue

Au-delà de la formation, les WDTC servent aussi de plateformes de dialogue entre municipalités, élues locales, organisations de la société civile et citoyennes, afin de favoriser la participation des femmes aux décisions locales dans un contexte de décentralisation encore en construction. Ces centres constituent l’une des composantes majeures du programme SML, qui accompagne la Libye dans la mise en œuvre de la décentralisation et le renforcement des services de base au niveau communal.

Le programme promeut une approche participative visant à mieux ancrer les services dans les besoins locaux et à renforcer leur appropriation par les femmes. La participation des femmes au marché du travail en Libye reste faible, à environ 33 pour cent, et le taux de chômage féminin (environ 25 pour cent) dépasse la moyenne nationale (près de 19 pour cent), selon la Banque mondiale (2024).

Plus de la moitié des femmes actives travaillent dans le secteur public, principalement dans l’éducation et la santé, avec une présence plus limitée dans le secteur privé, l’entrepreneuriat et les emplois mieux rémunérés.