Énergie renouvelable

Burkina : un robot nettoyeur pour la centrale solaire de Zagtouli

24.04.2026, 10:49

Au Sahel, zone désertique caractérisée par de fréquentes et permanentes tempêtes de sable, l’accumulation de particules de poussière à la surface des panneaux photovoltaïques affecte la performance des centrales solaires.

Au Burkina Faso, la centrale solaire de la commune rurale de Zagtouli (centre), composée de 129 600 panneaux photovoltaïques, a été dotée d’un robot de nettoyage automatisé pour lutter contre les dépôts de poussière, un facteur qui occasionne d’importantes pertes de production et renchérit la maintenance.

Cet équipement a été livré à la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL), qui gère la centrale érigée en banlieue ouest de la capitale Ouagadougou, sur une superficie de 60 hectares, l’équivalent de 84 terrains de football.

Il a été remis au titre du projet « Optimisation du solaire photovoltaïque pour la production d’hydrogène vert en Afrique de l’Ouest » (PV2H), financé par le ministère fédéral allemand de la Recherche, de la Technologie et de l’Espace (BMFTR). Ce projet est dirigé notamment par le Centre ouest-africain de service scientifique sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL), basé au Ghana, et le Centre de recherche de Jülich (Forschungszentrum Jülich, FZJ), en Allemagne.

Premier projet photovoltaïque de grande taille connecté au réseau électrique national

D’un coût de 50 millions de francs CFA (environ 76 000 euros), le robot de nettoyage vise à réduire l’impact de l’accumulation de poussière sur les panneaux photovoltaïques, un facteur qui limite la production et renchérit la maintenance de la centrale solaire de Zagtouli, l’une des plus grandes d’Afrique de l’Ouest, a indiqué WASCAL.

« Le robot dispose d’une capacité théorique de nettoyage d’environ 4 MW par jour. Il permettra d’optimiser la production et d’augmenter le rendement énergétique. Il soutiendra également la recherche scientifique grâce à des expérimentations sur le terrain, générant des données probantes pour la prise de décision », a souligné Bruno Korgo, coordinateur régional pour les énergies renouvelables et l’hydrogène vert au sein de WASCAL.

Inaugurée en 2017 et dotée d’une puissance de 33 mégawatts (MW), la centrale de Zagtouli, cofinancée par un don de l’Union européenne (UE) de 25 millions d’euros, fournit de l’énergie propre à 660 000 personnes et permet un gain de 26 000 tonnes d’émissions de dioxyde de carbone (CO2) par an.

Premier projet photovoltaïque de grande taille connecté au réseau électrique national, cette infrastructure a servi de cas d’école et a inspiré le développement de plusieurs autres projets similaires au Burkina Faso, avait indiqué le gouvernement burkinabè. En 2025, le projet PV2H a doté la centrale de Zagtouli d’un tracteur équipé d’un système de brossage et de caméras de surveillance, afin d’améliorer le nettoyage des panneaux et la sécurité du site, a-t-on rappelé.

Réponse technique concrète à l’impact négatif de la poussière

Ce projet vise à apporter une réponse technique concrète à l’impact négatif de la poussière sur les centrales solaires photovoltaïques à grande échelle au Sahel, zone désertique caractérisée par de fréquentes et persistantes tempêtes de sable.

Les leçons tirées dans ce cadre, ainsi que les réponses techniques apportées pour dépoussiérer les modules photovoltaïques des centrales solaires, seront diffusées au bénéfice de la région tout entière.